흰, 한강

Editions Le Serpent à plumes

17 Janvier 2019

Han Kang nous propose de courts textes, très intimes. Le lien entre ces reflexions sera le blanc. L’autrice nous dévoile son idée dans le premier chapitre “moi”. Elle a fait une liste de ce que lui évoque la couleur blanche. Pour chaque mot de cette liste, Han Kang va poser des mots, telle de la poésie en prose. La délicatesse, l’art de la métaphore et l’utilisation d’un phrasé poétique sont autant de caractéristiques que l’on retrouve dans chaque ouvrage de Han Kang. Blanc n’y échappe pas et n’est pas une exception même si, l’exercice proposé est plus propice à l’écriture poétique que dans Celui qui revient*

Nous découvrons l’histoire d’une petite soeur décédée deux heures après sa naissance, la beauté des flocons de neiges, les étincelantes vagues qui se brisent sur le sable ou encore l’histoire d’un chien blanc. Des bribes de souvenirs posés là, des réflexions sur la vie, la beauté, le temps qui passe et les actions que nous faisons. 

Dans ce texte intimiste, il y a une grande universalité. Nous nous retrouvons dans les mots de Han Kang, dans la beauté vue par ses yeux ou dans la façon de tenter d’exprimer la douleur. C’est un beau moment de lecture. Les textes brefs nous invitent à prendre notre temps en les lisant. A méditer sur le sens de ce que nous venons de lire et à reprendre notre chemin au sein du livre ensuite. 

J’avais lu ce livre en 2019 et l’arrivée d’un nouveau roman de Han Kang en Août 2023 m’a poussé à relire ses ouvrages. J’ai redécouvert des passages qui ne m’avaient pas autant marqué lors de ma première lecture et qui quatre années plus tard ont un sens plus percutant pour moi. 

Si vous ne connaissez pas Han Kang je vous recommande chaudement cette autrice pour découvrir la littérature coréenne. Ses livres sont tous plus beaux les uns que les autres ! 

Mes gros coups de coeur sont : 

  • Celui qui revient
  • La leçon de grec

Et vous ? 

“Nous avançons ainsi sur la surface tranchante du temps – au bord d’une falaise transparente qui se renouvelle de seconde en seconde. Nous posons le pied sur l’extrémité dangereuse de la durée vécue et, sans qu’une quelconque volonté puisse intervenir, avançons machinalement l’autre pied dans le vide. Non que nous soyons particulièrement courageux, mais nous n’avons pas le choix.”
*Celui qui revient est un roman de Han Kang qui raconte le soulèvement étudiant de Gwangju en 1980 face aux militaires. Ce fut un massacre sans nom mais là encore, l’autrice utilise la beauté et la poésie pour passer des émotions intenses.

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